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Ce week-end, nous étions de mariage dans le village natal de Monsieur, qui pourrait bien s'appeler Groville ou Chichigneux, s'il n'avait pas déjà un nom plus rigolo...
Les parents de Monsieur et ceux du marié sont amis. Très bons amis. Ils sont d'ailleurs une bande de 5 ou 6 couples qui passent tout leur temps ensemble. Quand les hommes font une partie de pétanque, les femmes préparent les quiches pour la kermesse, ils organisent entre eux des soirées à thèmes (qui nécessitent au moins 4 apéro-réunion au préalable pour organiser tout ça), ils partent en vacances ensemble.
Dans l'idéal ils auraient certainement aimé marier leurs gamins ensemble.
Pour moi qui suis plutôt de nature Ours-mal-léché très casanière, tout cela est assez surprenant, amusant et effrayant aussi.
En pays grolandais, tout se sait et puis de toute façon on se dit tout.
Ma belle-mère et ses copines ont ce genre d'assurance et de confiance en soi qu'ont les filles populaires au collège.
Elles parlent beaucoup, critiquent beaucoup (avec l'air de pas y toucher) et ont un avis sur tout. Rien ne leur échappe.

 

Rappel : Avant de parler de nos problèmes de fertilité aux parents de Monsieur, on a attendu 2 échecs IAC.
Monsieur avait mis en garde sa mère "Vous gardez cela pour vous, je vous fais confiance, on ne souhaite pas en parler". Elle rétorque qu'évidemment elle ne dira rien, ajoute quand même que ce n'est pas tabou, qu'il n'y a pas à avoir honte… (oui merci c'est pas vraiment ça le problème)…

Précipauté Grolandaise, samedi 27 octobre à un mariage : il fait froid, très froid. Ce sujet de conversation reviendra très régulièrement dans la soirée, tout comme le changement d'heure d'ailleurs.
Avec Monsieur, nous sommes à une table de "jeunes" et régulièrement tout le monde quitte la table pour fumer une clope. Mon nouveau statut de non fumeuse et le froid ne m'incitent pas à sortir avec les autres.

C'est à peu près à ce moment là que je me fais alpaguer par une des cop's de la belle mère, on va l'appeler Lynette.
Elle est rentrée comme ça sans prévenir dans le vif du sujet, avec un joli "il ne faut pas y penser et cela va arriver tout seul" et puis comme tout le monde elle connaît très bien la fille de la copine du cousin qui après des années d'attente est tombée en cloque par magie (et la magie, elle s'appellerait pas adultère ???).

Aucune réaction de ma part, je suis nouille, je n'ai rien à lui dire, j'encaisse. J'aurai pu lui dire qu'il y a toujours une connasse dans son genre pour me dire de ne pas y penser, alors que justement avant son intervention je n'y pensais pas. J'aurai pu lui dire que cet argument est stupide, qu'elle ne connaît vraisemblablement pas la nature de mon problème mais les mots ne viennent pas.
Je m'extirpe de là par une pirouette, ça y est, ma soirée a viré, j'ai envie de chouiner, je suis un petit hérisson qui veut traverser l'autoroute.
A partir de ce moment là je regarde régulièrement Monsieur avec insistance dès que je peux, pour lui signaler mon souhait de partir.
Séance embrassades d'au revoir. Une main qui se veut rassurante sur mon épaule de la part de Bree, un "prenez bien soin de vous" de la part de Suzane, et Lynette qui se la joue ma confidente.
La belle mère a déballé ma vie sur la place de la Mairie de Groville et maintenant ce bled pue la merde !

J'ai les glandes, je raconte à Monsieur.
En fait j'ai bien plus que les glandes, j'ai la haine.
Je n'en veux pas à Lynette qui n'a pas voulu être méchante, mais à ma belle-mère qui n'a pas pu s'empêcher.
Alors voilà des bribes de phrases (en vrac) que je pourrais dire à ma belle mère et que je vais écrire ici pour ne pas les dégueuler un beau jour à un repas de famille (c'est décousu et parfois un peu crétin) :
"Je sais que j'ai grossi et que j'ai des boutons plein la gueule en ce moment et tout cela est lié au traitement. J'ai bien pigé que vous trouviez ma robe moche* et je déteste vos sous-entendus de merde ("ah, mais tu n'as pas trouvé de robe un peu plus colorée pour le mariage ?…"). Oui mes parents sont divorcés mais nous ne sommes pas pour autant des cas sociaux (pas de divorces à Groland). Non je n'aime pas danser donc on m'oublie pour le Madison, la chenille, la disco… Pourquoi l'hypo-fertilité de votre fils vous passionne plus que l'hyper-fertilité de votre fille (qui doit se réjouir de la prise en charge à 100% de l'avortement car en a déjà 3 au compteur) ?! A Groland, y'a pas de pédiatre ? On ne soigne pas les enfants quand ils ont des otites** ? Quitte à raconter nos problèmes de fertilité, pourquoi ne pas dire que le souci vient de votre fils, cela éviterait à vos copines de sous-entendre que c'est moi qui bloque le truc psychologiquement ?

La conclusion du week-end : Monsieur a parlé à sa mère. Il lui a à nouveau expliqué que si on ne souhaitait pas parler de nos soucis c'était justement pour éviter les maladresses de ce type. Il a précisé que si FIV1 n'avait pas été annulée, nous aurions eu le résultat la veille du mariage. L'intervention de Lynette aurait pu m'anéantir si cela avait échoué ! Sur le retour dans la voiture on s'est quand même pris la tête. Sois disant que je fais des montagnes de rien. J'aurai voulu qu'il soit plus virulent avec sa mère. Désagréable sensation d'être un "merdier" qui fait des histoires !

 

* ça peut paraître débile mais en ce moment je ne suis pas armée pour recevoir des critiques, même à propos d'une robe !
** peut-être la cause de l'infertilité de monsieur.